Politique : Ousmane Sonko, Khalifa Sall, Barthélémy Dias, le mariage de la carpe et du lapin

Comme dans tout pays démocratique les élections législatives qui vont avoir lieu dans notre pays d’ici quelques semaines ont une importance cruciale.

Comme dans tout pays démocratique les élections législatives qui vont avoir lieu dans notre pays d’ici quelques semaines ont une importance cruciale. Si le président « préside », le gouvernement « gouverne », il revient aux députés, non seulement d’écrire la loi, en légiférant, mais aussi et surtout de contrôler l’action ministérielle.


En tant que fondateur et président du mouvement « Un Autre Avenir » je ne peux que souhaiter la présence dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale d’un nombre important de députés de l’opposition. C’est à la fois sain pour la démocratie et c’est le jeu de nos institutions républicaines que de permettre une alternance à travers les urnes plutôt que dans la rue, et d’éviter que ne soient concentrés tous les pouvoirs entre les mains d’une seule personne.


Le risque, sans cela, serait de déboucher sur un pouvoir présidentiel, ce qui en droit, n’est pas le cas du Sénégal, même si « en fait » Macky Sall exerce une forme de monarchie présidentielle. La réalité, malheureusement, est souvent très différente entre la lettre et l’esprit de
de la loi.
En revanche, donner les pleins pouvoirs à une coalition hétéroclite allant du sulfureux leader du Pastef Ousmane Sonko à l’aventuriste Khalifa Sall, en passant par l’opportuniste maire de Dakar Barthélémy Dias serait faire preuve d’un aventurisme, non seulement irresponsable, mais coupable.


Je dis cela alors que personne n’ignore mon hostilité au régime actuel, mais imaginer une cohabitation entre ces trois hommes et Macky Sall, qui encore récemment a fait preuve d’une grande désinvolture en se rendant au chevet des nourrissons morts dans l’incendie d’une maternité à Tivaouane, c’est comme vouloir marier la carpe et le lapin. C’est aussi jouer avec des allumettes.


Comment pourrait-il en être autrement lorsque, tels des pompiers pyromanes, ces trois hommes ne rêvent que de mettre le feu aux écuries pour mieux dire après, comme dans la chanson, « tout va très bien, madame la marquise ». L’incapacité d’Ousmane Sonko, Khalifa Sall et Barthélémy Dias à fédérer une opposition atteste de l’incurie qui régnerait dans le pays au lendemain du 31 juillet, date du scrutin.

L’immaturité de Dias joint à la radicalité de Sonko et à la roublardise de Sall nous promettent par avance un attelage désastreux dont les sénégalais seraient les premières victimes. La gestion des affaires politiques est une chose trop sérieuse pour être mise entre les mains d’individus pareils, dont le seul bénéficiaire serait Macky Sall, himself.

Ibrahima Thiam, président fondateur du mouvement « Un Autre Avenir »

Chéf de Rédaction

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