Liberté 6 : Les Casseroles Ont Retenti Fort Et Tout Le Monde Était De La Fête !

Une grande fête du bruit rehaussée également par la partition des enfants qui ont usé de bouteilles d’eau vides pour lancer un signal fort au président Macky Sall.

Les commerçants du rond-point Liberté 6 et Marché baraque ont fait plus fort encore que les riverains.
20h00, le coup d’envoi est donné. Dans les rues surplombées par des immeubles, femmes, hommes et enfants occupent les terrasses et balcons pour agiter les casseroles. Le concert du bruit démarre en trombe avec les taxis jaune-noir, les clandos, les voitures particulières, les scooters…autant de véhicules avançant à fond les

klaxons. Le quartier s’anime, tout le monde s’active à sa manière. Les vendeurs de café Touba, sans quitter leur place, organisent du sabar digne de Pape Ndiaye Thiopet ou de Mbaye Dièye Faye. Tous les talents cachés se dévoilent, du vrai « Ndaw rabine ».

Quant aux étudiants de l’Ensup qui rentraient, n’ayant pas de casseroles, ils usent de leurs mains pour applaudir à tout rompre. Le long du mur Camp Leclerc, des enfants, n’ayant pas de casseroles, utilisent des bouteilles de Kirène vides pour participer au concert populaire. «Un enfant sévèrement battu par son père»

Un enfant sorti de nulle part avec sa bouteille vide de 10 litres a voulu rejoindre ses camarades regroupés le long du mur Camp Leclerc. Il a été vite neutralisé et battu violemment par son papa qui lui intime l’ordre de retourner à la maison. Rien n’y fit pour calmer le monsieur, il est fâché contre son fils qui pleurait. Renseignement pris, c’est un responsable de l’Apr qui n’aime pas qu’on s’attaque à Macky Sall

Le monsieur, sans piper mot, chapelet à la main, le visage fermé et renfrogné, assistait impuissant à la
fiesta populaire. Sa colère était insignifiante face à cette fête populaire et à la bronca ambiante. Face à l’ambiance bon enfant qui prévalait aussi. Non loin de lui, une drianké, belle et très forte s’est comportée comme une jeune fille avec son bol et une louche à la main pour animer davantage.

Accrochée pour avoir sa réaction, elle décline poliment en arguant : «Li rek doynama» (Je me contente de cela). Tout le contraire de deux jeunes filles vêtues en jean, elles longeaient la route, bols à la main, le cœur rempli : « Macky, on ne veut plus de toi, cela suffit, doyna ». Colère, frustration, joie étaient au
menu de la fête. Les adolescents, tout comme les enfants, ont déconné pour emprunter leur jargon. Ils
n’ont pas eu de limites, pour eux, c’est un concert, donc, « Na saf sapp » comme lors du sacre des « Lions » en février.

Le concert, qui devaut durer 10 mn, s’est prolongé jusqu’à 20h 25 mn. Quelques heures plus tard, c’est deux cars Ndiaga Ndiaye, qui sillonnent les quartiers avec des jeunes juchés sur leurs galeries qui font du sabar pour clôturer la fête. À voir ces passagers agglutinés sur les toits de ces cars, on pouvait deviner que ce sont des militants de l’opposition. La fête était belle, très réussie, surtout du côté rond-point Liberté 6 et de Marché baraque.

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