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« FRONT SUD » : des munitions et armes saisies, une « ligne rouge » établie

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Casamance, est frontalière de la Gambie au nord, de la Guinée-Bissau et de la Guinée au sud et de la région de Tambacounda délimitée par la rivière Koulountou à l’est. Elle est bordée par l’océan Atlantique à l’ouest. La Casamance représente un septième de la superficie totale du Sénégal.

Sénégalaise les militaires à indiqué mardi 09 février 2021 avoir pris trois «bases» des rebelles en Casamance qui représente un septième de la superficie totale du Sénégal. (sud) et récupéré des armes lors d’une offensive lancée fin janvier après des mois d’accalmie dans ce conflit ancien, menée selon elle avec le soutien de la Guinée-Bissau voisine.

Le lieutenant-colonel Sène, commandant du groupement tactique « Charlie » composé notamment d’éléments du troisième bataillon d’infanterie de Kaolack, s’entretenait avec des journalistes, en marge d’une visite de terrain dans les zones reprises par l’armée sénégalaise.
 
Il s’agit des bases de Bamoune-Bilass, Boussoloum, Badiong et Sikoune, considérées comme des bastions historiques du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC).
 
Depuis le 25 janvier passé, la zone militaire numéro 5 menait une grande opération dans ces zones occupées par des bandes armées en vue de créer des conditions favorables à un retour des populations dans leurs villages abandonnés depuis quelque trois décennies.
 
Un important détachement de l’armée sénégalaise composé du troisième bataillon des commandos de Thiès, du troisième bataillon d’infanterie de Kaolack, d’un détachement du Génie militaire de Bargny, du cinquième bataillon d’infanterie de Ziguinchor et d’un bataillon de parachutistes opérait dans la zone depuis plus de 10 jours. 
 
Sur la route nationale numéro 6 menant à Kolda via le Balantacounda, à hauteur du village d’Agnack Petit, une piste latérite traverse les villages de Niabina, Mawa et Camaracounda. Là débute le calvaire des passagers qui veulent s’aventurer un peu plus loin dans cette zone. 
 
Le détachement du Génie militaire a balisé un sentier pour ouvrir une voie d’accès qui traverse la zone de tampon avant l’arrivée dans les bases des combattants du MFDC. La poussière, les cliquetis d’arbres et autres entrelacs des branches d’arbres deviennent autant d’obstacles naturels pour le conducteur obligé d’adapter sa vitesse et de la ramener au minimum.
 
Samick et Niadhiou, deux villages victimes de récentes exactions des bandes armées, rendent compte d’une présence humaine dans la zone. 
 
Au milieu d’une forêt luxuriante et dense apparaissent des débris d’habitations de fortune. Des pans de palissades jaunies par le temps, des matelas usés, des morceaux d’habits délavés, des bidons vides, quelques pierres, des grenades, des rangées de munitions, de vielles mallettes, des trous, des bunkers forment le décor de ce qui est devenu depuis dix jours l’ancienne mythique base rebelle de Badiong.
 
Plusieurs motos de type « Jakarta », un quinzaine de vélos, cinq charrettes, du bétail, des poules éparpillées dans la nature, du matériel d’intendance, de la logistique et des médicaments d’un poste de santé virtuel ont été aussi saisis par l’armée nationale au cours des opérations de sécurisation entamées depuis plusieurs jours dans la forêt de Bilass. 
 
Après la reprise effective des quatre bases du « front sud » que sont Bamoune-Bilass, Boussoloum, Badiong et Sikoune, le colonel Souleymane Kandé, le commandant de la zone militaire numéro 5, a mis en garde les bandes armées du MFDC, les invitant à « ne plus franchir la ligne rouge ».
 
« Il y a des lignes rouges déjà tracées. Nous ne permettrons plus à aucune bande armée de la franchir parce que toute exaction sur la population sera considérée comme une déclaration de guerre à l’armée sénégalaise », a-t-il déclaré. 
 
« Nous serons intransigeants. Nous n’accepterons plus qu’aucune bande armée touche à un seul cheveu d’un citoyen. Nous allons pleinement remplir notre mission de sécurisation des personnes et de leurs biens », a assuré M. Kandé.
 
Plusieurs hectares de chanvre indien ont été « récupérés » au terme des opérations conduites par l’armée sénégalaise. « Il y a au moins une bonne dizaine de champs de chanvre indien. Ils s’étendent à perte de vue (…) », a poursuivi colonel Souleymane Kandé.
 
« Notre engagement s’inscrit dans un contexte particulier marqué par une ferme volonté des populations de retourner à leurs terroirs qu’elles ont quittés depuis près de trois décennies. Les bandes armées avaient fini de créer des zones d’interdiction pour mieux se livrer à des activités illicites », a renchéri le lieutenant-colonel Clément Hubert Boucal, commandant du bataillon des commandos, une unité venant de Thiès.

APS