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Contribution: La marche vers le gouffre ( Par le professeur Ansoumana Mané)

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Le Sénégal est un pays qui s’enfonce, doucement, lentement mais sûrement dans un précipice. Si le pays était une personne, on dira qu’ elle est atteinte de cancer en phrase terminale. Et pourquoi? La raison est simple.

Le pays va trop mal. La politique est devenue une affaire de clan et de sauvegarde d’intérêts crypto-personnelles. L’économie du pays est “vendue au prix d’une boîte de sardine”, pour emprunter les mots de Sony Labou Tansi dans “Un Etat honteux”,à des puissances étrangères telles que la France, la Turquie.

Ce qui a induit l’étranglement du secteur privée nationale. La santé est malade. Ô hôpitaux du Sénégal! Ils sont devenus des abattoirs. D’ailleurs, même les bébés n’y sont pas épargnés. Ce fait n’est pas imputé au corps soignant brave et vaillant. Sans démagogie, nous respectons et saluons leur amour du métier.

L’éducation est en berne comme si nous sommes presque dans “une société sans école ” pour reprendre le titre provocateur de l’ouvrage du prêtre Ivan Illich. Ce n’est pas demain que ce secteur verra le bout du tunnel.Les classes sont pléthoriques en milieu urbain comme dans certaines localités du milieu rural.

La baisse de niveau est trop aiguë. Cerise sur le gâteau, le ministère est sur le point recruter cinq mille enseignants non sur la base de concours de sélection mais sur celle de sélections de dossiers. À coup sûr, cela va décrédibiliser davantage la perception de l’enseignant dans la société et donner un sacré coup au niveau des apprenants. La vie en société est désarticulée.

Le discours des hommes politiques et de leurs souteneurs est parfois grossier. Voilà le gros danger auquel notre pays fait face présentement. Discours du genre, nous citons: “il n’a qu’allé chez lui.” En témoigne le cas Guy Marus Sagna à Nianing. Bon sang! Y a-t-il une partie du Sénégal où ce Grand Monsieur est étranger? À leur entendre oui. À notre entendement non. Chers compatriotes cultivons la tolérance.

À Nianing, la dignité de Monsieur Sagna a été insultée. Et pourtant cette dignité ne l’appartient pas. C’est une patrimoine exclusive de ses filles et fils. Toutefois, devons nous tolérer intolérance? Sûrement pas. Donc le procureur doit s’ auto- saisir pour punir les coupables et les responsables. Monsieur le Président, je suis trop petit pour vous faire la leçon et je ne le prétends aucunement. Étant un “être collectif “, travaillez à “équilibrer les contraires” le peuple sénégalais, vous le demande.