Politique : La fièvre de la casserolade s’empare du pays

Une autorité, disait l’autre, parce qu’elle est lointaine, inexplicable et qu’elle se dérobe au dialogue, laisse la place à une autre attitude : la rébellion. Pas celle sanguinaire de supposés «rebelles» du MFDC qui auraient rallié la capitale pour mettre notre charmant pays à feu et à sang, mais une rébellion sonore pour laquelle point besoin d’une lettre d’information auprès de l’autorité administrative, encore moins de son autorisation.

Ousmane Sonko, la tête de liste nationale recalée de la coalition Yewwi Askan wi, avait invité les populations de Dakar et du reste du pays, à animer partout des concerts de casseroles et de klaxons à compter de ce mercredi à 20h et pour une durée de 10 mn,. Ce pour exiger la libération des leaders et militants arrêtés lors des manifestations de vendredi dernier à Dakar et à Ziguinchor. Une casserolade largement suivie sur l’étendue du territoire national !

La casserolade, cette forme de protestation née en France du temps de la monarchie de juillet instaurée en 1830, après la révolution dite des «Trois Glorieuses», par le Roi Louis Philippe, consistait, pour les opposants républicains au nouveau régime, à indisposer le gouvernement et ses préfets en s’adonnant à un charivari d’enfer.

La même pratique a été adoptée au Québec pendant la grève étudiante du 18 mai 2012 pour contester l’adoption de la loi 78 visant à mettre un frein aux piquets de grève et à plusieurs délits commis dans les manifestations, comme la casse ou l’outrage au travail de la police. Au Gabon, également, les populations, pour protester en 2021 contre les rigueurs des mesures de restriction relatives à la lutte contre la propagation de la pandémie de Covid-19, avaient entamé une casserolade, depuis leurs balcons, aux heures de couvre-feu.

C’est donc à cette forme de lutte originale que le leader de Pastef a convié les populations, à compter d’hier mercredi 22 juin à 20h 00. Des concerts de casseroles d’une durée de 10 mn. Déjà, les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) avaient donné le tempo dès la soirée du lundi 20 juin au campus avant de remettre… le couvercle le lendemain.


Ce mercredi donc, un peu partout, c’était la ruée vers les ustensiles de cuisine pour prendre part à cette nouvelle forme de protestation initiée par l’inter-coalition YAW- Wallu. A Thiaroye, l’une des communes populaires de la banlieue dakaroise, les rues étaient déjà prises d’assaut par des populations impatientes à une dizaine de minutes du démarrage du concert de casseroles. Certains jeunes, des couvercles de marmites

entre les mains, avaient même adopté un accoutrement de « combat » avec des rubans attachés autour de la tête. Les femmes n’étaient pas en reste. Certaines, très éloignées des réalités politiques, voulaient se faire entendre pour protester contre la vie chère. Et tous les ustensiles susceptibles de produire du bruit étaient de la partie. A 20 h sonnantes, c’est une fièvre de casserolade qui s’est emparée de cette partie de la banlieue.

Un concert de casseroles auquel les automobilistes répondaient par un tintamarre de klaxons. Sur l’autoroute à péage, dans le sens Diamniadio-Dakar, seuls quelques automobilistes se sont pliés au concert de klaxons. Par contre, de l’autre côté de la route, sur la nationale, le charivari était indescriptible. Conducteurs de véhicules et de scooters avaient mis à fond les décibels appuyant de manière intempestive sur les avertisseurs.

Un peu après le pont de Hann, devant le centre de captage, les populations s’étaient massées le long de la route, pour accompagner les klaxons des véhicules avec un concert de casseroles. Le même phénomène s’est étendu jusqu’au rond-point Khar Yalla où des jeunes ont organisé une procession de casseroles en direction des locaux du groupe Walfadjri. Sur l’avenue Bourguiba, à Mermoz, dans
les Sicap surtout à Liberté 4 et 5 mais aussi dans la zone résidentielle comme les SacréCœur, à la Médina, à Rebeuss, à Ouest et Nord Foire, à Niary Tally surtout, à Yoff, Pikine, Guédiawaye et aux Parcelles Assainies, hommes et femmes, jeunes et vieux étaient dans les rues pour prendre part à ce festival de casseroles.

Certains scooters trainaient même des ustensiles de cuisine attachés sur leur garde-boue arrière pour faire davantage de bruit. Autant dire que ces scootéristes trainaient des…casseroles ! Les populations de Touba migrent vers Mbacké Dans la ville sainte de Touba, pour se conformer à la demande du khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, qui a invité au respect de la sacralité de la cité, les populations ont migré vers la ville voisine de Mbacké.

Et dès le périmètre de la ville sainte franchi, à l’entrée de Mbacké, les populations et les véhicules ont fait sauter les décibels avec un charivari infernal. Autant le dire ici et maintenant, les oreilles ont bourdonné à Dakar et dans le reste du pays à l’appel d’Ousmane Sonko. Et devant ce bruit d’enfer, sans doute que le président de la Répu- blique s’est bouché les oreilles !

Chéf de Rédaction

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